mercredi 27 mars 2013

François-René deux siècles plus tard


Par un de ces hasards étonnants, voici que, moins d'une semaine après avoir lu et vous avoir renvoyé à l'article de Mara Goyet sur un épisode de la scolarité du jeune Chateaubriand, il m'est arrivé presque la même aventure dans un de mes cours.

J'avais pris le carnet de correspondance d'un élève qui s'était montré particulièrement pénible, pour y écrire un mot, quand l'élève, faisant appel à mon indulgence, lève les yeux vers le mur de la classe où j'affiche semaine après semaine les « phrases de la semaine » et s'exclame :
- Madame, s'il vous plaît! « Errare humanum est. »!
Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire, car il est vrai que « l'erreur est humaine », et puis je suis touchée par cet appel au latin pour se sortir d'affaire, d'autant plus que cela me rappelle l'histoire de Chateaubriand. L'élève, encouragé par mon sourire, ajoute alors :
- « Bis repetita placent »!
Je suis déjà plus sceptique, car s'il veut me faire comprendre qu' « il est plaisant » que je « répète » un comportement d'indulgence que j'ai déjà eu envers lui, je pense aussi qu'il n'est guère « plaisant » qu'il « répète » les mêmes bêtises!
Pendant que je réfléchis, mon élève, emporté par son élan, repart de plus belle avec :
- « Qui bene amat bene castigat »!
Ce fut une erreur fatale.
- En effet, repris-je, « Qui bene amat bene castigat »!
Et je gardai son carnet.


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