mardi 6 mars 2007

Les Mille et une nuits (nouvelle traduction)

Jeudi 1er mars 2007

Une nouvelle traduction française des Mille et une nuits vient de paraître. Après celle de Galland au XVIIe siècle et celle de Mardrus au début du XXe, cette nouvelle traduction, effectuée par deux grands professeurs de littérature arabe, André Miquel et Jamel Eddine Bencheikh, me semble en passe de devenir un classique.
Ils ont essayé d’être le plus fidèle que possible au texte d’origine (ce qui n’est pas évident, car cette œuvre s’est écrite au cours de plusieurs siècles, sous la plume de plusieurs auteurs et en plusieurs pays, et il n’en existe pas de version canonique, même si celle qu’ils ont utilisée forme un consensus relatif parmi les spécialistes).

J’avais lu il y a quelques années la traduction de Galland, qui est très agréable à lire, mais au même titre que Le Sopha de Crébillon, Les bijoux indiscrets de Diderot ou tout autre œuvre française orientalisante du XVIIe ou XVIIIe siècle. Avec la traduction de Miquel et Bencheikh, on apprécie vraiment la saveur de la littérature arabe, avec des poèmes qui viennent ponctuer le récit (tiens, comme dans Le Seigneur des Anneaux de Tolkien, et d’ailleurs, on retrouve beaucoup d’éléments semblables à l’ « heroïc fantasy » dans Les Mille et une nuits), avec des formules qui reviennent (par exemple « Cette histoire est tellement surprenante qu’elle mériterait d’être gravée avec une pointe fine au coin de l’œil »), etc.
Cette traduction est publiée chez La Pléiade, ce qui ne la rend pas digeste pour tous les porte-monnaie, mais pourquoi ne pas l’emprunter à la bibliothèque ? Pour ma part, j’ai eu la chance d’en avoir un exemplaire, car mon père a réalisé la calligraphie ornant le coffret (il y a trois volumes).

Le plat de grains de grenade confits (plus fort que le test ADN)
Voici l’un des passages que j’ai préféré (au fait, je n’en suis qu’au sixième de la lecture et ne suis donc sans doute pas au bout de mes surprises !) : une mère qui croyait son fils mort depuis des années acquiert la certitude qu’il est vivant en goûtant un plat de grains de grenade confits. Elle s’évanouit sous le coup de l’émotion, et quand on l’a ranimée (avec de l’eau de rose, attention !), elle s’écrie :
« Il faut que mon fils soit de ce monde, car personne d’autre n’aurait préparé ainsi ces grains de grenade. C’est bien mon fils, Badr ad-Dîn Hasan, pas de doute. Non, pour cette cuisine-là, il n’y a que lui et moi : c’est moi qui lui ai appris. »

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