vendredi 9 juillet 2010

Mythologie à la sauce US

J'ai lu récemment le premier tome d'une série pour la jeunesse (qui a aussi inspiré un film sorti cette année que je n'ai pas vu) : il s'agit des aventures de Percy Jackson, par l'auteur américain Rick Riordan. L'idée de départ est savoureuse : les dieux de la mythologie grecque existent toujours et ils continuent à flirter avec des mortels et à engendrer des demi-dieux, et l'histoire suit ces demi-dieux, adolescents d'aujourd'hui des États-Unis, et notamment un, Percy (en fait Persée) Jackson, fils de Poséidon.

Je dois l'avouer : je ne trouve pas ce livre franchement bien écrit (et de plus, pas très bien traduit non plus : on sent les anglicismes), ni bien construit (je devinais toujours ce qui allait se passer au moins trois chapitres avant les personnages : à la longue, c'est un peu lassant!), mais... il est vraiment très drôle. Même si je ne crois pas que j'aurai le courage de me lancer dans les tomes suivants de la série, je me suis bien amusée en lisant ce premier tome.

Ainsi, le héros est, comme beaucoup d'adolescents d'aujourd'hui, dyslexique et hyperactif. La raison en est simple : les demi-dieux sont programmés pour lire le grec ancien (d'où la dyslexie!) et pour participer à des batailles sur le terrain (d'où l'hyperactivité!). Rassurant, non, de se dire que tous nos jeunes dyslexiques ou hyperactifs cachent sans doute une ascendance aussi prestigieuse!
Autres perles : la Gorgone Méduse tient un magasin de nains de jardin (qui sont en fait les gens qu'elle a pétrifiés!) et Procuste tient un magasin de matelas à eau (et encourage vivement ses clients à essayer ses matelas, pour ensuite ajuster leur taille (des clients, pas des matelas!)
Enfin, un des passages qui m'a le plus fait rire, mais au deuxième degré, cette fois, car je ne m'attendais pas à trouver dans un ouvrage pour la jeunesse et sur la mythologie grecque ce trait d'esprit propre à beaucoup d'Américains qui pensent que leur nation est le centre du monde. L'un des personnage explique très sérieusement que le palais du mont Olympe s'est déplacé dans l'histoire pour être toujours « avec le cœur de l'Occident » (il faudrait que l'on m'explique ce que signifie cette expression, et aussi « l'Occident », d'ailleurs, car les dieux grecs, sont plus orientaux que Rick Riordan ne semble le croire!) : d'abord en Grèce, il s'est ensuite déplacé à Rome, puis en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne, en Angleterre, et maintenant il est à New York, au-dessus de l'Empire State Building, car « à l'heure actuelle, les États-Unis sont le fer de lance de l'Occident »...

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