lundi 14 septembre 2009

Le latin n'est pas mort à l'hôpital

Ayant eu récemment à fréquenter une maternité, j'ai découvert avec surprise, sur le petit papier où est inscrit le menu accompagnant le repas servi dans les chambres, une colonne vide intitulée «INGESTA». C'est un mot latin, un pluriel neutre se traduisant à peu près par « les choses qui ont été ingérées (consommées) ». J'imagine que les infirmières ont mission de regarder ce qui reste dans les assiettes et de cocher ou pas dans cette colonne.

Deuxième épisode. Après la maternité, c'est le service de néo-natologie du même hôpital que j'ai fréquenté, et c'est avec une plus grande surprise encore que j'y ai découvert, non plus seulement un mot, mais une expression de deux mots, sur l'étiquette collée sur un biberon : « PER OS ». Cette expression latine signifie tout simplement « par la bouche », précision nécessaire dans ce service où les prématurés sont d'abord nourris par sonde gastrique. J'ai alors regretté de n'avoir pas regardé quelques semaines plus tôt sur l'étiquette de la seringue reliée à la sonde s'il y avait écrit « PER GASTER » (« par l'estomac »)!

Je savais que le latin et la médecine avaient vécu une grande histoire d'amour, tout le monde se souvient du « Clysterium donare, Postea seignare, Ensuita purgare. » du Malade imaginaire de Molière, mais je pensais qu'en notre XXIe s., le divorce était consommé. Au delà de ma satisfaction pour mon amie la langue latine, ces deux anecdotes m'ont donné le sentiment de comprendre une partie du code secret employé par le personnel médical, ce qui n'a pas été sans me procurer une petite jouissance! Encore une fois, ça sert de connaître le latin, et pas toujours où on le penserait!

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