samedi 3 novembre 2007

La tulipe, le chameau et l’inscription romaine

Connaissez-vous Augier Ghislain de Busbecq ? Non, n’est-ce pas ? Eh bien moi non plus, jusqu’à il y a quelques jours, mais ce que j’ai découvert sur ce brave homme (en me promenant sur les sentiers fleuris d’internet !) me fait m’indigner contre son injuste oubli. Et je sens qu’il est de mon devoir à moi de réparer cet oubli (du moins envers la petite poignée de lecteurs que vous êtes), à moi qui me passionne pour l’histoire romaine, à moi qui me passionne pour les chameaux, à moi que touchent tous les rapprochements de l’Orient et de l’Occident…

Augier Ghislain de Busbecq est un humaniste français de la Renaissance, originaire de Busbecq, un village proche de Lille. Au milieu du XVIe s., l’Empereur Ferdinand Ier de Habsbourg (dont la cour était à Prague, encore un centre d’intérêt pour moi !), charge Augier d’une ambassade auprès du sultan ottoman Soliman le Magnifique. Il semble qu’il n’était pas très doué pour la politique et que son ambassade fut plutôt un échec.

En revanche, cet homme curieux et intelligent mit son nez partout en Turquie et en rapporta des trésors en Occident :

- de nombreux manuscrits grecs et latins inédits

- la fameuse inscription latine des Res gestae divi Augusti d’Ancyre (Ankara) : il s’agit d’un texte officiel dans lequel l’empereur romain Auguste fait le récit à la 1e personne des événements de son règne (l’existence de ce texte était connue depuis l’Antiquité, mais on pensait que tous les exemplaires de cette inscription avaient disparu)

- une quantité de plantes inconnues en Occident, dont la tulipe, le lilas commun et le marronnier d’Inde

- une quantité d’animaux de toutes sortes, dont le chat angora, inconnu lui aussi en Occident.

Il paraît qu’il avait une véritable ménagerie dans sa maison en Turquie. Je ne sais pas s’il rapporta chez lui tous ces animaux, mais en tout cas, il amena six chameaux à l’Empereur Ferdinand pour l’inciter à utiliser dans ses états ces bêtes si utiles : il avait bien raison, mais je n’ai pas l’impression qu’il fut très écouté !…

Bref, il a écrit quatre lettres en latin pour raconter ses voyages, mais ni le texte latin, ni leur traduction française ne sont publiés en France. J’ai toutefois lu sur Wikipédia qu’une thèse sur cet homme a été soutenue en décembre 2006 par Dominique Arrighi et qu’elle devrait paraître chez Droz avec les textes en bilingue. Apparemment, il n’y a rien pour l’instant, mais j’attends avec impatience…

1 commentaire:

  1. Bonjour, je viens d'envoyer le manuscrit définitif chez l'éditeur. Le compositeur le met actuellement en page. La publication ne devrait plus tarder.
    Dominique ARRIGHI

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