mercredi 13 juin 2007

Les Mille et une nuits (suite)

Je suis toujours plongée dans la lecture des Mille et une nuits (cf. mon article du 01.03.2007).

Dans un univers où un plat de grenades confites peut prouver une filiation (cf. le même article), quoi d'étonnant qu'une poële à frire prouve l'innocence d'une femme injustement accusée d'adultère?
Un mauvais plaisant avait déposé du blanc d'oeuf sur le lit conjugal d'un ennemi pour lui faire croire à une tache de sperme. Le mari naïf accuse aussitôt sa femme d'avoir un amant et ameute tous les voisins. L'un d'eux demande une poële et sous les yeux de l'assistance ébahie, il fait cuire le supposé sperme... qui blanchit et qu'il fait goûter à tout le monde. Dans cette histoire comme dans l'autre, c'est le goût, ce sens souvent négligé, qui a apporté la preuve décisive.

Ces deux histoires ont aussi un autre point commun: la surprise. On ne s'attend pas à ce que d'un plat de grains de grenades confits ou d'une poële à frire jaillisse la vérité.

Pas plus qu'on ne s'attend à ce qui va sortir d'un certain sac de satin vert orné de deux galons d'or, qu'une courtisane égyptienne a fait chercher chez elle (867e nuit). Encore moins quand elle en fait tomber trente-deux pièces de bois. Et voilà qu'en quelques instants, sous nos yeux éblouis de lecteurs, elle assemble ces trente-deux (2x2x2x2x2, est-ce un hasard? sûrement pas!) pièces de bois et le puzzle fini se révèle être un luth, l'instrument du poète par excellence, c'est la lyre orientale. Et bien sûr cette jeune fille, non seulement est d'une beauté parfaite, dit des poèmes merveilleux et saura tirer de ce luth des accents humains, mais elle sait aussi monter elle-même sans la moindre hésitation les trente-deux pièces détachées de l'instrument.

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