mercredi 27 mars 2013

François-René deux siècles plus tard


Par un de ces hasards étonnants, voici que, moins d'une semaine après avoir lu et vous avoir renvoyé à l'article de Mara Goyet sur un épisode de la scolarité du jeune Chateaubriand, il m'est arrivé presque la même aventure dans un de mes cours.

J'avais pris le carnet de correspondance d'un élève qui s'était montré particulièrement pénible, pour y écrire un mot, quand l'élève, faisant appel à mon indulgence, lève les yeux vers le mur de la classe où j'affiche semaine après semaine les « phrases de la semaine » et s'exclame :
- Madame, s'il vous plaît! « Errare humanum est. »!
Je ne peux m'empêcher d'esquisser un sourire, car il est vrai que « l'erreur est humaine », et puis je suis touchée par cet appel au latin pour se sortir d'affaire, d'autant plus que cela me rappelle l'histoire de Chateaubriand. L'élève, encouragé par mon sourire, ajoute alors :
- « Bis repetita placent »!
Je suis déjà plus sceptique, car s'il veut me faire comprendre qu' « il est plaisant » que je « répète » un comportement d'indulgence que j'ai déjà eu envers lui, je pense aussi qu'il n'est guère « plaisant » qu'il « répète » les mêmes bêtises!
Pendant que je réfléchis, mon élève, emporté par son élan, repart de plus belle avec :
- « Qui bene amat bene castigat »!
Ce fut une erreur fatale.
- En effet, repris-je, « Qui bene amat bene castigat »!
Et je gardai son carnet.


vendredi 15 mars 2013

Proba Falconia : une troisième poétesse latine!

Vous souvenez-vous d'un des premiers articles de ce blog, où j'évoquais les écrivains romains femmes?

Je n'avais réussi à en recenser que deux et j'appelais mes lecteurs à me faire signe si vous en rencontriez d'autres. Personne ne m'a fait signe. Eh bien, tout vient à point à qui sait attendre : je viens six ans plus tard d'en trouver une troisième!

Il s'agit de Proba Falconia, une Romaine chrétienne du IVe s ap. JC. On n'a d'elle qu'un seul ouvrage, assez curieux. Il s'agit d'un centon. Un centon est une œuvre littéraire composée uniquement de passages pris à d'autres œuvres (célèbres, en général). Le centon de Proba est pour le moins original, puisque qu'elle n'a pioché ses morceaux que chez un seul auteur, Virgile, et ce pour composer un poème résumant l'Ancien et le Nouveau Testament!
Ce jeu littéraire ne lui a visiblement attiré presque que du mépris au cours des siècles, pourtant l'Oulipo aurait certainement aimé la compter dans ses rangs.