jeudi 28 juin 2012

Les modes changent, le latin demeure.


Certaines réactions des élèves sont inattendues, parfois en lien étroit avec une actualité très ponctuelle qui disparaît à nouveau très vite. Ainsi, cette année, tous les élèves connaissent le célèbre refrain du rappeur la Fouine « Veni vidi vici » (et quelques uns savent que Jules César y est aussi un petit peu pour quelque chose...).

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Mais dans la série des mots latins qui ont pu susciter des réactions différentes au fil des années de ma déjà un peu longue carrière, celui qui a le plus changé est sans conteste le mot « iter, itineris (n.) », qui signifie le chemin, la voie.

J'ai commencé à enseigner en collège en 2001. A cette époque, cela ne faisait qu'un an qu'Orange avait racheté Itineris, aussi les élèves me disaient « Ah! Comme le téléphone! ».

Un an plus tard, en 2002 sortait Astérix et Obélix : mission Cléopâtre, dans lequel un personnage avait été baptisé Itineris, en référence évidente avec le téléphone, dans la pure tradition goscinnienne de jeux de mots avec l'actualité. En recherchant sur internet (car j'ai un peu oublié ce film), je tombe sur une réplique qui ne laisse aucun doute : « Itineris a raison de ne pas se l'SFR »!!! Sauf que, les téléphones ne s'appelant en fait déjà plus Itineris, la très jeune génération ne comprit même pas le jeu de mots. En revanche, le film eut un succès immense auprès d'eux. Si bien que dans les années qui suivirent, les élèves me disaient : « Ah! Comme dans Astérix, mission Cléopâtre! ». Mais ce film lui-même est aujourd'hui passé de mode.

Cette année, j'ai été presque surprise quand un élève m'a simplement dit « Ah! Comme un « itinéraire »! »




mercredi 20 juin 2012

Réinventer l'histoire antique : blague ou réflexion sérieuse?


« Et si... » Et si telle chose s'était passée ou ne s'était pas passée... C'est une tentation et un plaisir de réécrire l'histoire en imaginant d'autres cheminements possibles. C'est avant tout amusant. Mais parfois, cela peut aussi être instructif.

Ainsi cet article sur la première voiture possible : 
(l'article est en anglais assez clair, mais pas très facile à comprendre si l'on n'est pas très au fait des techniques de l'automobile, mais il y a des reconstitutions en 3D qui sont très parlantes)

C'est une pure imagination, mais elle est extrêmement bien documentée. L'auteur de l'article s'est astreint à n'utiliser que des technologies connues par les Grecs et à imaginer jusque dans la forme de la voiture quel aurait été son aspect le plus vraisemblable.

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Dans un tout autre style, mais se réclamant aussi d'une réécriture de l'histoire très bien documentée, j'en profite pour citer ici l'une de mes lectures préférées de l'année écoulée. Il s'agit d'un roman de Javier Negrete, Alexandre le Grand ou les Aigles de Rome (2007, traduction française 2009). L'auteur y imagine ce qui se serait passé si Alexandre n'était pas mort en 323 av. JC et s'était trouvé confronté à l'armée romaine. Outre que c'est un roman haletant, bien écrit, drôle, je connais assez bien certains sujets du livre pour me rendre compte que à quel point c'est sérieux d'un point de vue historique ; on est un peu dans la veine d'Umberto Eco.

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Voilà comment on peut apprendre beaucoup de choses vraies à travers des histoires fausses.